Dubailand, un mirage aux portes du désert

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Alors qu’Abu Dhabi va ouvrir Ferrari World dès 2010, aucun parc d’attractions du gargantuesque projet de Dubaï n’est toujours prêt à ouvrir. Pire encore, la majorité des parcs d’attractions annoncés ont été annulés tels que ceux de Seaworld, tandis que les autres n’ont véritablement jamais débuté leur construction depuis 2007.

Le cataclysme financier

La crise économique aura eu raison de multiples projets, mais le coup de fouet a été rendu ce 25 Novembre 2009 par l’annonce du report de dettes pour deux sociétés phares (et semi-publiques) du pays : Dubaï World et sa filiale Nakheel, promotrice de la construction des célèbres îles artificielles en forme de palmiers, incapable de rembourser, d'ici au 14 décembre, un montant de 3,5 milliards de dollars. La bulle spéculative a ainsi éclaté.

Un cataclysme financier jugé inattendu par la presse généraliste, mais pourtant si prévisible (outre la folie des grandeurs du  projet) compte tenu des récents évènements : rien qu’en début d’année 2009, environ 3000 voitures ont été abandonnées dans le parking de l'aéroport de Dubai, clés au contact, et laissées par des expatriés fuyants couverts de dettes (qui pourraient en réalité être emprisonnés s'ils ne les payaient pas).

De plus, la spéculation immobilière a grandement participé à cet effondrement : "A la signature, les acheteurs ne devaient verser que 10 % de la somme totale, explique Thomas Bunker, agent immobilier canadien de la société Better Homes. Puis ils se dépêchaient de revendre avant le deuxième versement, en empochant la plus-value. Les appartements virtuels pouvaient changer cinq ou six fois de mains. Les apprentis spéculateurs empruntaient pour en acheter jusqu'à dix d'un coup : la bulle ne cessait d'enfler."

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Sur les traces de Dubailand

« Sur des milliers d'hectares, Dubailand devait être constitué d'une myriade de parcs d'attractions, de résidences et d'hôtels. Aujourd'hui, l'immense portion de désert qui lui était dévolue n'est peuplée que des rares vestiges de ce rêve évanoui : le portail d'un futur studio Universal, la carcasse en béton d'une énième galerie commerciale, une tête de dinosaure qui dépasse d'une palissade, les inévitables embryons de lotissements.

En lisière de ce projet "reporté", un ruban d'asphalte tout neuf traverse les sables de ce qui devait devenir le Tiger Woods Resort, un complexe résidentiel édifié autour du premier parcours de golf jamais dessiné par la célébrité. La route conduit, à travers les dunes, jusqu'à ce qui s'apparente à un palais, servant de bureau de vente. On s'avance, impressionné par l'ouvrage, on le contourne... C'est un décor, qui cache des préfabriqués et qui achève de donner des airs de Tintin au pays des Soviets à ces mises en scène dubaïotes. » (extrait de l’article LeMonde : A Dubaï, le futur ensablé).

Ainsi, de fait, Dubailand restera pour le moment au stade embryonnaire et les dromadaires ne cesseront de fouler le sable de ces nombreux parcs d’attractions avortés.

Crédits photos : SkyscraperCity


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